La culture noire

La musique

Des esclaves noirs dans les champs de coton.

Arrachés de leur terre puis débarqués comme du bétail sur le sol américain, ces esclaves exploités dans les champs de cotons du vieux Sud, n’ avaient qu’une  liberté : chanter. Chanter pendant qu’ils travaillaient. Les « worksongs » leur redonnaient un peu d’espoir. Aux yeux de leurs maîtres, leurs chants cadençaient leurs mouvements et ils travaillaient plus vite. Ils ne se  rendaient pas conte que lorsqu’ils chantaient, les esclaves se parlaient, s’encourageaient en reprenant les cantiques qu’on leur avaient apprises : les « negro spiritual ». Dont peut être la plus grande : « Steal Away » ses paroles disaient «  je ne resterais pas longtemps ici ( dans les champs de coton) »(Ci contre "Steal Away" chanté par Mahalia Jackson et Nat king Cole.)


L’abolition de l’esclavage pour beaucoup d’entre eux, surtout  ceux du Sud , ne fut qu’une illusion, alors ils jouaient une musique simple, rude, hantée par les espoirs déçus de l’émancipation, ils jouaient le Blues. Sans doute la première musique née sous le sol américain, une musique souvent cachée, ignorée dans les campagnes du Sud, jusqu’à que le Blues s’exporte en ville. A la Nouvelle Orléans , le Blues se mit à courir les rues et à s’installer dans les salles de bal de la ville ou son héros, le trompettiste Buddy Bolden accompagnait les danseurs. Malheureusement il devint fou en 1907 et mourut 25 ans plus tard sans avoir retouché a sa trompette. Mais dans la mémoire de tous les musiciens de la Nouvelle Orléans, il est ce pionnier légendaire qui leur avait appris la beauté du Blues et qui de sa trompette en est sortit le Jazz, un art vulgaire et scandaleux, une musique de sexe.

The Bolden Band en 1905.Buddy Bolden est le deuxième en haut en partant de la gauche

 
C’est un enfant de cette ville qui sera couronné de cette musique : Louis Armstrong. Sa trompette le mènera au Vatican ou a Hollywood en véritable ambassadeur de son art . Il était la personnification du Jazz. Porté par Armstrong, le Jazz allait être la bande son des années 20 (Ci contre
"When The Saint Go Marching In" de Louis Armstrong).

Les grandes villes du Nord aspiraient  chaque année  des centaines de milliers de noirs du Sud. Les scènes des night-clubs de New York et de Chicago se voyaient bientôt envahirent par des milliers de musiciens.La prohibition a vu  exploser la vie nocturne, excitées par le goût de l’interdit, les foules buvaient et dansaient. La radio propageait partout la sensualité du Jazz.Les Jazzmans  faisaient danser toute l’Amérique et l’Angleterre et la France étaient a leur pieds. A Chicago , New York, Paris, Londres ou Berlin, les maîtres  secret des danseurs blancs étaient de pianistes de Harlem , des trompettistes de Chicago,et des chefs d’orchestres de Washington.
Les noirs furent peu à peu admirés par les blancs , ce qui réalisait ainsi le rêve du grand intellectuel noir W.E.B Du Bois  qui écrivit dans son journal dans les années 20 : « Assez de ses chaînes mentales qui nous rapetissent l’âme , entraînons nous a voir la beauté dans le noir ».

W.E.B Dubois

Harlem était la capitale de cette extraordinaire renaissance; ses artistes les plus talentueux  avec Duke Ellington(ci-dessous "Old Man Blues" repris dans le film "Check and Double Check"), ses femmes les plus élégantes, ses night club les plus courus, dont le plus connu le "Cotton Club". Mais encor en ces temps-la , les noirs pouvaient dominer la scène dans les clubs chics mais ne pouvaient y entrer comme clients .



Tandis que les Blancs  s’enthousiasmaient pour le Jazz, la musique la plus au sain de la communauté noire restait le Blues avec Bessie Smith, celle qu’on appelait « l’impératrice du Blues » et ou l’on retrouvait dans ses chansons, la dureté de la vie des ghettos noirs. (ci dessous :«  Saint Louis Blues » de Bessie Smith)


Mais la crise de 1929 mis une rupture aux temps joyeux des années folles.Des milliers de chômeurs se mirent a arpenter les rues et pour la communauté noire, il n’était plus question d’inventer de nouveaux titres ou faire de la musique mais de survivre.

Des milliers de chômeurs dans les rues

Les groupes se séparaient, les studios fermaient  et les artistes retournaient dans les champs où à l’usine. Dans le Sud ravagé par la crise, c’est toute une génération de musiciens blues qui cessa d’enregistrer des disques, mais l’esprit du Blues ne mourut pas , trop ancré dans la vie des noirs d’Amériques.


                                                                                                           Fruit étrange

Les arbres du Sud portent un fruit étrange
Du sang sur leurs feuilles et du sang sur leurs racines
Des corps noirs qui se balancent dans la brise du Sud
Un fruit étrange suspendu aux peupliers
 
Scène pastorale du vaillant Sud
Les yeux révulsés et la bouche déformée
Le parfum des magnolias doux et printannier
Puis l'odeur soudaine de la chair qui brûle
 
Voici un fruit que les corbeaux picorent
Que la pluie fait pousse, que le vent assèche
Que le soleil fait mûrir, qu l'arbre fait tomber
Voici une bien étrange et amère récolte !

« Strange Fruit »(ci dessus avec ces paroles en traduite en français) chanter par Billy Hollidays fut un titre qui deviendra grâce a elle l’une des plus grandes dénonciations du lynchages. Mais personnes n’osait parler de ça, trop dangereux, trop polémique, trop douloureux.


Le grand public ne voulait pas en entendre parler. Dans la crise les gens voulaient plutôt une musique plus gaie, plus énergique qui les ferait oublier leur soucis , qui les ferait swinguer comme " The Big Apple Contest"(ci dessous).


Pour les peuples du monde qui soufraient de la guerre , le « swing » était l’incarnation joyeuse de la liberté dont chacun espérait le retour .Et c’est aussi pour cela aussi que les Européens accueillirent en héros ces soldats noirs qui traversèrent l’Atlantique pour les libérer. C’est le Jazz qui débarquait avec eux. Et pour eux aussi cette rencontre fut une libération, eux qui n’avaient jamais connu que la ségrégation , l’enfer légale quotidien : magasins, restaurants interdit , droit de vote interdit ;découvraient un monde ou les blancs ne les traitaient pas comme des sous-hommes, où ils pouvaient fréquenter une femme blanche sans risqué la mort.

Le vieux Sud ne le savait pas encor mais le temps de la ségrégation était compté. Emporter par se vent de renouveau le Blues avait quitter sa campagne et remonter jusqu’à Chicago pour se brancher sur l’électricité des villes de Nord , comme John Lee Hoker avec « Boom Boom »(ci dessous) et d'autres musiciens. Ils apprirent à la jeunesse blanche le Blues dans les festivals d’Amérique et d’Europe.



Dans les églises les voies qui exposaient la lente noblesse des "spirituoles" avait été remplacer pas l’extravagance du Gospel avec « I’ve got so much to shout about » de  Dixie Huming Birds (ci dessous). Les groupes de Gospel étaient accueillis dans les villes par des foules qu’ils transportaient  jusqu’à l’extase.


Tout était chamboulé et une nouvelle musique qui puisait autant dans le Gospel que dans le Swing ou que dans le Blues : Le Rhythm and Blues (R'nB) « Mama, he treats your daughter mean » de Ruth Brown(ci dessous) . La jeunesse s’enthousiasmait de cette musique et le Rhythm and Blues annonçait une nouvelle aire ou les barrières raciales s’effondreraient une à une. Dans les salles de concert, les noirs et blancs étaient séparés d’une corde tenue par la police mais la foule se mélangeait et forçait la police a mettre fin au concert jusqu’au prochain ou tout recommençait.




Tous ses signes annonçaient des temps nouveaux ou blancs et noirs pouvaient vivre, étudier, travailler ou simplement s’ignorer ensemble. Même les blancs faisaient du Rhythm and Blues : Bill Halley «  Shake ,Rattle and Roll »(ci dessus) et peu à peu il donnait naissance au Rock’n Roll, une musique sauvage, simpliste , électrique que célébraient des prophète délirants et ces prophètes étaient des Noirs.

Des Noirs qui ne cherchaient pas à faire oublier leur couleur, au contraire, tout dans leur attitude extravagante ils venaient rappeler leur origine, il y avait Chuck Berry «  Johnny B . Goode »(ci dessus) ou Little Richard «  Tutti Frutti » .Plus tard repris par Elvis Presley, Elvis qu’on disait blanc mais qui s’habillait comme un macro du ghetto et qui faisait ressentir la vulgarité, le sexe ,et l’urgence dans tout son corps , Elvis qui était au delà des races , Elvis qui plaisait aux blancs et aux noirs et qui effrayait tout les tenant de la ségrégation. "Tutti Frutti" chanté par Elvis ( ci dessous)


Et de l'urbanisation du Rhythm and Blues, de la sécularisation du Gospel et d'une touche de Jazz, apparut la Soul.Ray Charles,considéré comme le créteur de cette musique, et d'autre(comme Aretha Franklin avec " Say a Little Prayer" (ci dessous) ) lui donna une ampleur extraordinaire et explosa dans les années 60. Aujourd'hui c'est Stevie Wonder qui incarne la Soul avec plus de 80 millions d'albums vendus.

Deux autres formes de musique venaient d’apparaître: Le Disco et le Funk, une autre manière d’oublier le chômage ou l’inflation qui font partit des soucis principales de la vie des noirs.
James Brown "I’m black and I’m proud " (ci contre)



«We want the funk »(ci dessous) de George Clinton et son P-Funk , s’inspirant de James Brown de la guitare d’Hendrix et du Disco, il fait rennaitre la « soul power » dans ses chansons et son attitude.



 
Dans les ghettos ravagés par la crise, une autre vibrations attaché au Funk faisait bouger la rue : Le Hip Hop. Munit de quelques 33 tours et d’un tourne disque, l’idée était de faire de la musique avec celles des autres comme the Cold Crush Brothers (ci dessus) . Une nouvelle façon de chanter et de danser pour les jeunes du Bronx des années 70 , dévasté par les violences décuplé par l’arrivé du Crac ; drogue bon commerce dérivé de la cocaïne arrivé dans les années 80 et que l’on retrouvait dans leur musique. Et comme personne d’autre ne voulait parler à leurs places , ils ne firent que ça , parler, ou plutôt raper , le micro en main. Grand Master Flash et the Furious Five avec « The Message »(ci dessous) démontrèrent que le Rap n’était pas qu’un folklore du monde urbain mais un forme d’expression a part qui affronte la dure réalité du ghetto en face.



Comme emblème du Hip Hop dans les années 80-90, il y avait Public Enemy avec leur titre « Fight the Power » ( combattons le pouvoir en place )(ci dessous)




ou bien N.W.A.  avec « Fuck tha Police » (ci dessus) dénonce la ségrégation policière comme en témoigne le tabassage filmé de Rodney King un automobiliste noir, en 1992 à Los Angeles,   par une poignée de policiers et quand quelques mois plus tard un jury blanc innocente les policiers, la ville renoue avec les émeutes . Pendant 3 jours L.A. sera le lieu de chaos et de violence diffusé dans le monde entier.

Les émeutes de Los Angeles en 1992


Mais les années 90- 2000 n’étaient pas les années 60-70, 30 ans après les droits civiques, de nombreux noirs avaient acquis des niveaux de responsabilité et de succès dans le sport ( Michael Jordan , Tiger Woods) dans le cinéma ( Denzel Washington, Will Smith , Spike Lee) et la politique (Gonzoliza Rice). Durant les années Clinton, le temps n’était plus à la révolution mais a la réussite matérielle et au plaisir individuel. Avec comme ambassadeurs le rappeur Dr Dre avec « let me ride »,Il symbolisa  le "Gangsta Rap" avec Snoop Doggy Dog « Gin And Juice » et 2pac «  California love » le premier clip de rap a 1 million de dollars( ci dessous).



De l’autre coté du pays , sur la cote Est c’était Notorious B.I.G. avec « Warning » (ci dessus) et le label Bad boy. Ces 2 représentants, de la cote ouest, 2pac et de la cote est ,Notorious BIG y donnèrent leurs vies , assassinés dans la rue comme les voyous qui les fascinaient, en messie de la racaille, sacrifiés contre cette  vie a 100 a l’heure.Mais derrière eux de nouveaux empereurs se levèrent avec Puff Daddy ou Jay Z.
Tandis que le Sud , Le Dirty South incarné par Lil Wayne avec «  Get your shine on » feat birdman (ci dessous) représente le groupe de rappeur qui ont le plus montré  la réalité du Sud, là où se trouve encore le plus gros de la communauté noir et ou le surpeuplement carcéral  des noirs montre encore une justice répressive dans ses régions.





Le Cinéma


La réalité des afro-américains au cinéma

Depuis environ les années 70, Hollywood a entrepris de produire des films qui participe à un projet de réinterprétation de l'histoire afro-américaine récente et passé. Le plus controversé de ces films est sans doute "Malcolm X " de Spike Lee avec Denzel Washington.

Malgré leur représentation politique sur le grand écran, le peuple afro-américain avait besoin d'un cinéma qui représente leur dure réalité. la plus part des afro-américains commencèrent  alors à revendiquer leur droit d'avoir un cinéma plus proche de leur quotidien, un cinéma fait par eux et pour eux.

Durant les années 70  ,on vit se succéder différentes séries télévisés, au commencement il y avait "Sweet Sweetback's" un film qui bouillonnait de la rage des Blacks Panthers  puis se succéda "Shaft", "Coffy", "Superfly". Ils avait tous un point commun : botter les fesse des blancs, punir les flics racistes et sortir avec la fille du patron. Mais derrière le spectacle, s’exalte la réussite individuelle, le rêve américain, une sorte de retour aux sources .


L'univers de ces films fait de violence et de trafic verra naître le courant de la "Blaxploitation" (fait des mots "black" et "exploitation"), qui se basait sur le plus de stéréotypes possible, décrivant la réalité des noirs de l'époque.un univers fait de prostitués, de dealeurs et de tueurs dans les ghettos,  stéréotypes repris plus tard par les rappeur de la côte ouest américaine ( voir partie "La musique"). Certains de ces films firent produits par des blancs, ce qui poussa les assossiations noires à les boycotter.

Ce courant cinématographique a cependan laisser des traces , car de nos jours, il n'est pas rare de voir un noir dans un rôle de gangster ou de dealeur comme dans "American History X" où l'un des acteurs principales est abattu par un dealeur noir.


L'art urbain


L'art urbain est , pour la communauté noire un moyen de se faire entendre. il comporte comme notions principales celle de Tag ou de Graffitis (ou Graffs), qui font partis de la culture Hip Hop. Ce mouvement est né à New York et très précisément dans le métro dont les rames en sont recouvertes. Mais les origines de Tag remonte bien plus en arrière, pendant la seconde guerre mondial ou les soldats écrivaient toute sortes de choses sur les murs.

Des groupes se forment et permettent aux graffitis artistes de s'unir pour s'affronter entre groupes.A la fin des années 70, le Graff se diffuse dans d'autres grandes villes américaines comme Los Angeles, Chicago, Philadelphie ou Washington. L'art urbain doit son développement a plusieurs artistes dont Jean-Michel Basquet(1960-1988), qui s'en sont appropriés le style du Tag pour en faire un art contemporain.

Jean Michel Basquiat

Fallen Angel de Jean Mchel Basquiat, 1981 New York USA


La littérature

Les auteurs afro américains  depuis le début de l’esclavage aux Etats Unis jusqu’aux années 60 ont le plus souvent traités de sujet en relation avec leur place dans la société.Ainsi la liberté , l’égalité et les droits civiques dont ils parlent leurs décernent une place dans la lutte contre la ségrégations des noirs américains.
Parmis les premiers écrivains, la poètesse Phillis Wheatley (1753-1784) , capturée au Sénégal et vendue comme esclave à l’age de sept ans, publira , trois ans avant la déclaration d’indépendance américaine(4 juillet 1776) « Poems on various subjects » et fut remerciée par George Washington pour le poème qu’elle a écrit en son honneur.


Phillis Wheatley


Frederick Douglass (1818–1895) acquiert une notoriété grâce à ses talents d’orateurs et d’écrivain ; il devient dans la deuxième moitié du XIXe siècle, l’auteur afro-américain le plus connu et le plus influent. Son combat pour l’abolition de l’esclavage passe par la création de journaux, la rédaction d’articles ou d’essais, mais surtout par son autobiographie, "Narrative of the Life of Frederick Douglass", "an American Slave" (1845). Sa publication provoque une campagne de dénigrement, certains estiment qu’un Noir ne peut pas écrire avec une telle éloquence. Malgré tout, le livre devient rapidement un bestseller.

Frederick Douglass


Même après l’abolition de l’esclavage, de nombreux écrivains continuent d’écrire sur ce thème. L’un d’entre eux, W.E.B. Du Bois (1868–1963) participe à la fondation d’une organisation en faveur des minorités ethniques, la NAACP. Au tournant du siècle, celui-ci publie une série d’essais intitulés "Les âmes du peuple noir" ("The Souls of Black Folk"). Il y décrit les difficultés des Noirs américains dans la société américaine. Dubois est persuadé que les Afro-américains doivent unir leurs forces pour lutter contre la ségrégation dont ils sont victimes.

W.E.B. DuBois


Mais sa vision est beaucoup plus radicale que celle d’un de ses contemporains, Booker T. Washington (1856–1915). Washington publie de nombreux ouvrages parmi lesquels "Up From Slavery" (1901), "The Future of the American Negro" (1899). Il pense que les Noirs doivent d’abord coopérer avec les Blancs pour améliorer progressivement leur sort.


Durant les années 20 jusqu’aux années 60 la littérature sera peu à peu relayée par la musique, le Jazz , le Gospel ou la Soul, avec par exemple la chanteuse Billie Holydays (1915-1959).

 

Commentaires (1)

1. brunette73 23/04/2010

thématique trés bien abordée avec de superbes illustrations musicales, je ne dois pas être la seule à le penser car ce soir sur france 5 le reportage "musique noire" était plus qu'"inspiré" de ce que je viens de lire (commentaires identiques et illustrations identiques) sans doutes parce que l'Histoire est identique.

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